Ferritine élevée : quelles sont les causes, que faire, quels aliments pour faire baisser la ferritine ?

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Un taux de ferritine élevé dans le sang peut indiquer soit une surcharge en fer, soit une inflammation ou une infection sans surcharge en fer, soit une maladie du foie, de l’alcoolisme, un syndrome métabolique ou un diabète de type 2, ou certaines autres pathologies.

Nous allons voir ensemble quelles sont les causes d’une ferritine élevée, que faire si elle est au-dessus des normes sur votre bilan sanguin, et quels aliments consommer pour la faire baisser quand l’alimentation peut jouer un rôle.

Qu’est ce que la ferritine ?

La ferritine est une protéine de réserve du fer : elle capte le fer en excès dans le sang et le conserve à l’intérieur des cellules, principalement dans le foie, la rate, la moelle osseuse et les muscles.

Elle stocke ainsi le fer, le protégeant de réactions d’oxydation nuisibles, et elle relâche du fer quand le corps en a besoin, par exemple pour fabriquer des globules rouges.

Trop de fer libre dans l’organisme est toxique : il favorise la production de radicaux libres ; la ferritine limite ce risque.

On la mesure via une prise de sang. Le taux normal de ferritine (valeurs approximatives) est de 15 à 150 µg/L pour les femmes, et de 30 à 300 µg/L pour les hommes.

Quelles sont les causes d’une ferritine élevée ?

Une ferritine élevée, appelée aussi hyperferritinémie, peut avoir différentes causes :

1) Une surcharge réelle en fer (à voir avec votre médecin)

Ceci correspond à un excès de fer stocké dans l’organisme, avec les causes suivantes :

  • une hémochromatose génétique,
  • des transfusions multiples,
  • une surconsommation de fer en cas par exemple d’excès prolongé de prise de fer en complément sans surveillance médicale.

2) Une inflammation ou une maladie (ferritine élevée sans surcharge en fer)

La ferritine est connue pour stocker le fer dans l’organisme. Mais c’est aussi une protéine dite de « phase aiguë », c’est-à-dire qu’elle augmente lors d’une inflammation ou d’une infection, même s’il n’y a pas trop de fer dans le corps.

Quand il y a une infection chronique, de l’arthrite, une maladie auto-immune (comme la polyarthrite rhumatoïde, le lupus, etc.), un cancer, une maladie chronique (MICI, etc.), le corps libère des cytokines inflammatoires, qui stimulent la production de ferritine dans le foie et dans les cellules immunitaires.

Elles réduisent aussi l’absorption du fer et le « cachent » dans les cellules (mécanisme de défense contre les microbes, qui ont besoin de fer pour se multiplier).

La ferritine dans le sang va donc augmenter, mais le fer est en réalité bloqué dans les cellules, donc non disponible.

Un exemple : chez une personne avec une maladie inflammatoire comme la maladie de Crohn, on peut avoir une ferritine élevée, pour autant un fer sérique bas, une transferrine haute, et de l’anémie. La ferritine élevée n’est pas alors le signe d’une surcharge, c’est un effet de l’inflammation.

A retenir : une ferritine élevée n’est pas toujours le signe que vous avez trop de fer ou que votre alimentation est trop riche en fer. C’est surtout dans le cas de l’hémochromatose que l’alimentation va être un levier important.

Que faire en cas de ferritine élevée sur votre bilan sanguin ?

Il faut d’abord déterminer si vous avez un excès de fer, ou s’il y a une autre cause.

Si votre bilan sanguin montre une ferritine élevée, demandez à votre médecin d’analyser la valeur avec vous, en regardant également le fer sérique, la saturation de la transferrine, la CRP (inflammation), le bilan hépatique (foie), et le contexte clinique (symptômes, antécédents).

Dans le cas où votre ferritine est élevée et indique bien une surcharge en fer, adapter son alimentation peut aider à réduire l’apport en fer ou à limiter son absorption.

Quels aliments consommer pour faire baisser la ferritine ?

En médecine, regardez avec votre médecin quelles sont les solutions possibles pour faire baisser la ferritine.

En diététique, l’objectif va être d’une part de réduire les apports en aliments riches en fer, et d’autre part de diminuer l’absorption du fer.
Ceci va être intéressant surtout en cas d’hémochromatose.

Voici donc quelques conseils alimentaires pour faire baisser la ferritine naturellement ou éviter qu’elle continue à augmenter.

À limiter ou à éviter :

1) Réduire la consommation d’aliments riches en fer héminique, qui est très bien absorbé. Dans l’ordre : le boudin noir, le foie (porc, veau, boeuf), le coeur, le boeuf, l’agneau, les sardines, et les moules. Ils sont tous riches en fer. Par exemple, ne consommer qu’une portion de viande rouge ou de sardines par semaine.

2) Éviter de consommer des aliments riches en vitamine C pendant les repas car elle favorise l’absorption du fer. Consommer des fruits riches en vitamines C (kiwi, fraises, papaye, agrumes) en dehors des repas.

3) Éviter l’alcool (qui augmente l’absorption du fer).

4) Éviter les suppléments de fer et de vitamine C en excès. Pour les suppléments de fer, revalider leur prise régulièrement avec votre médecin. Pour la vitamine C, une dose de 1000 mg par jour augmente l’absorption du fer, donc restez en-dessous et prenez votre complément de vitamine C entre les repas.

À favoriser dans votre alimentation :

  • les produits laitiers (lait, yaourts, fromages) consommés avec des aliments qui contiennent du fer, car le calcium freine l’absorption du fer.
  • les oeufs, le tofu et les légumineuses (lentilles, pois chiches, haricots secs), qui contiennent du fer non héminique, moins bien absorbé (de 2 à 3 fois moins bien environ)
  • les céréales complètes, les graines, les oléagineux, qui réduisent aussi l’absorption du fer.
  • le thé vert, la menthe poivrée, la camomille, la verveine, le tilleul : ces boissons contient des polyphénols qui réduisent l’absorption du fer. A boire pendant le repas ou juste en fin de repas.
  • les eaux riches en calcium pendant les repas (Hépar, Courmayeur, Contrex).

A noter que l’impact de ces mesures alimentaires pourra être limité, et pourra aussi varier d’une personne à l’autre.

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