Ballonnements, ventre gonflé, gaz intestinaux : causes, alimentation, régimes

Abonnez-vous à l’infolettre et recevez en cadeau :

Guide : comment réduire les ballonnements
Vous recevrez aussi des conseils nutrition santé exclusifs que je ne partage pas sur le blog.

Vos données personnelles sont collectées, utilisées et traitées conformément à notre Politique de confidentialité.

Sommaire

(cliquez sur le paragraphe de votre choix)

Nous pouvons avoir des ballonnements ponctuels et des ballonnements chroniques, un ventre gonflé et dur, accompagnés de gaz intestinaux.

Je vous invite à regarder la vidéo ci-dessous, dans laquelle je vais d’abord rappeler la définition des ballonnements et nous verrons pourquoi il y a une accumulation de gaz intestinaux lorsque nous avons le ventre gonflé. Je vous dirai aussi quelles sont les causes des ballonnements.

Que manger si le ventre est gonflé ? Il faudra éviter certains aliments, et cela va dépendre de la situation digestive globale dans laquelle on se trouve.

Je vous explique donc quelles sont les différentes origines possibles des sensations de ballonnements dans l’estomac et l’intestin, et ce que vous pouvez faire pour les réduire.

§ 1

Définition et causes

Définition des ballonnements :
« Sensation de gonflement au niveau de l’estomac ou de l’abdomen, généralement liée à une accumulation de gaz dans l’estomac et l’intestin »
ou
« Sensation d’augmentation de la pression abdominale avec ou sans distension abdominale objective ».

La distension abdominale est un élargissement du périmètre abdominal au niveau de la taille. C’est ce qui se produit quand on a une sensation de ventre gonflé.

Quelles sont les causes des ballonnements ?

1. Une production excessive de gaz ?

Le tube digestif contient environ 200 mL de gaz (1). Chez les personnes qui sont ballonnées, le volume de gaz est habituellement normal (2), et aucune corrélation n’a pu être mise en évidence par les études entre intensité du ballonnement et volume des gaz intestinaux.

Chez les personnes qui ont une colopathie fonctionnelle, les fermentations par les bactéries sont parfois excessives, et la production d’hydrogène et de méthane sont souvent plus élevées. On peut ainsi avoir un volume de gaz jusqu’à 400 ml environ, selon les études.

La production excessive de gaz peut aussi être liée à des modifications de la flore intestinale, par exemple une dysbiose.

La dysbiose est, en simplifiant, un déséquilibre entre :
1) Les bactéries bénéfiques (lactobacterium, propionobacterium, bifidobacterium etc.)
2) La flore opportuniste (streptocoques, entérobactéries, levures, etc.) normalement limitée et contrôlée par les bactéries bénéfiques
3) Les bactéries de transit, ingérées (alimentation, environnement), normalement contrôlées par les bactéries bénéfiques.

Ces modifications de la flore intestinale peuvent influencer les processus de fermentation.

De plus, les personnes qui ont le syndrome de l’intestin irritable ont souvent une prolifération bactérienne (SIBO) favorisant des ballonnements par le biais d’une production accrue de gaz dans l’intestin grêle (3).

2. Une mauvaise élimination des gaz ?

Les gaz sans odeur qui sont émis par le rectum sont au nombre de cinq (4) : l’azote (N2), l’hydrogène (H2),l’oxygène (O2), le dioxyde de carbone (CO2) et le méthane (CH4).

Ce sont les composés soufrés, en particulier le sulfure d’hydrogène, qui sont à l’origine des gaz malodorants.

Les gaz intestinaux peuvent avoir trois origines : air dégluti, diffusion à partir du sang (azote, oxygène), et production intraluminale (dioxyde de carbone, hydrogène et méthane). Ils sont éliminés par diffusion vers le sang, puis excrétion via les poumons pour dioxyde de carbone, hydrogène et méthane, et élimination par le rectum pour les cinq gaz.

On ne relève pas de problèmes particuliers au niveau de l’élimination des gaz intestinaux.

3. Perturbation du transit des gaz dans l’intestin

Les personnes qui ont des ballonnements ou une colopathie retiennent davantage de gaz du fait d’une altération du passage de ces gaz dans l’intestin. Cette rétention gazeuse déclenche une sensation de ballonnement à partir d’un volume de 400 ml environ (5), et elle s’accompagne de variations du périmètre abdominal de 1 à 2 cm.

Le symptôme de ballonnement va être plus intense en présence d’un manque de coordination de la motricité au niveau de l’intestin grêle. Nous avons alors des poches de rétention gazeuses qui se forment le long de l’intestin grêle, et qui induisent une amplification du symptôme.

Les variations du tonus intestinal jouent également un rôle dans les ballonnements : les gaz sont propulsés le long de l’intestin par une contraction tonique de la paroi intestinale (6). Avec une réduction de ce tonus, la propulsion des gaz va être ralentie, donc le transit sera perturbé.

A noter que la rétention gazeuse est favorisée par les matières grasses (7) ou la consommation quotidienne de fibres solubles, par exemple 30g de psyllium (8).

Avec une perturbation du transit, nous pouvons avoir de la constipation et une augmentation des ballonnements. Les personnes qui ont le syndrome de l’intestin irritable avec constipation associée retiennent davantage de gaz (9) .

4. Problèmes de fonctionnement des muscles abdominaux

Chez certaines personnes ayant le ventre ballonné, le réflexe viscéro-somatique est perturbé : on remarque alors une relaxation inappropriée des muscles abdominaux, donc un ventre qui va être proéminent. Parallèlement, la relaxation insuffisante du diaphragme va favoriser une sensation de pression abdominale (10).

Selon les recherches, ces anomalies du réflexe viscéro-somatique pourraient être observées chez les personnes qui ont un ballonnement important immédiatement après un repas ou autre prise alimentaire (6).

5. Hypersensibilité viscérale digestive

La sensation de ballonnement n’est pas toujours associée à des variations du périmètre abdominal, et il semble qu’une hypersensibilité viscérale, présente lors de troubles fonctionnels intestinaux (11) , joue un rôle dans cette sensation. Nous pourrons donc avoir dans ce cas des ballonnements sans ventre gonflé.

Ceci peut être observé notamment chez des personnes ayant une colopathie fonctionnelle avec diarrhée. L’hypersensibilité viscérale serait plus importante chez les personnes ayant des diarrhées que chez les personnes ayant de la constipation.

On remarque également que chez les femmes, en particulier celles qui ont le syndrome de l’intestin irritable, les ballonnements sont davantage présents lors des menstruations (2).

§ 2

Que faire en cas de ballonnements : alimentation, régime

1. Ballonnements ponctuels

Pour les ballonnements ponctuels, ce sera par exemple 1 ou 2 repas par semaine, ou quelques jours par mois. Il s’agit de ballonnements qui ont lieu suite à des repas plus copieux que d’habitude, ou très riches en fibres par rapport aux habitudes, ou suite à la prise de certains antibiotiques ou autres médicaments, ou suite à certains stress, par exemple.

Dans ce cas, il faudra éviter ponctuellement les mélanges de légumes et de céréales riches en fibres ; par exemple, asperges et couscous semi-complet, avec des crudités en entrée, ou bien du pain complet avec une soupe de poireaux ou de brocoli.

Il s’agira souvent de réduire temporairement les quantités de féculents consommées, pour éviter les fermentations bactériennes dans l’intestin.

On pourra avoir recours à certains compléments alimentaires comme le charbon activé, afin de capter les gaz. Cela permet sur quelques jours de réduire les ballonnements, en complément des mesures diététiques ci-dessus.

2. Ballonnements chroniques

Pour les ballonnements plus fréquents, nous allons avoir des mesures concrètes qui permettent en général de réduire les ballonnements, mais l’approche devra être adaptée en fonction de la situation digestive globale, et de la cause des ballonnements.

Des ballonnements chroniques ont lieu tous les jours ou presque, ou pendant des périodes prolongées. Les mesures concrètes seront en général semblables aux mesures prises pour les ballonnements ponctuels :

  • Éviter les aliments les plus fermentescibles, soit par exemple les céréales complètes, les légumineuses (pois chiches, haricots blancs, etc.) et certains légumes, comme ceux de la famille des choux.
  • Adapter la consommation de fibres, car elles ont un impact sur le transit des gaz. Il faudra adapter sa consommation de fibres tant solubles qu’insolubles.
  • Éviter les boissons gazeuses, qui peuvent contribuer à l’augmentation de la rétention gazeuse dans l’intestin.

Différentes situations peuvent se rencontrer en présence de ballonnements chroniques. Voici ce qui est recommandé dans chaque cas :

  • Ralentissement de la vidange gastrique, avec diminution de la tonicité de l’estomac (gastroparésie) : régime spécifique, avec diminution des graisses et autres mesures diététiques permettant de réduire les symptômes
  • Dyspepsie : digestion difficile, inconfort et gêne épigastrique (douleurs, satiété précoce, nausées, etc.) : au cas par cas
  • Prolifération bactérienne ou pullulation microbienne (SIBO en anglais) : régime digestif spécifique
  • Constipation : au cas par cas
  • Intolérance au lactose (ou autres intolérances) : régime d’éviction (temporaire ou sur la durée selon le cas)
  • Syndrome de l’intestin irritable ou colopathie fonctionnelle : régime spécifique
  • Autres cas : rééquilibrage alimentaire, prise de probiotiques adaptés

Pour en savoir plus sur les consultations relatives à des ballonnements, consultez cette page.

Abonnez-vous à l’infolettre et recevez en cadeau :

Guide : comment réduire les ballonnements
Vous recevrez aussi des conseils nutrition santé exclusifs que je ne partage pas sur le blog.

Vos données personnelles sont collectées, utilisées et traitées conformément à notre Politique de confidentialité.