Le syndrome d’intestin irritable post-infectieux
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Les symptômes (douleurs abdominales, transit perturbé) débutent de manière brutale, à un moment bien identifié, et sont souvent durables (1).
Il s’agit majoritairement d’une forme diarrhéique (SII-D), et il survient surtout après une infection bactérienne (Salmonella,Shigella, Campylobacter jejuni, E. coli0157:H7) (1).
Quels sont les symptômes et les causes du syndrome d’intestin irritable post-infectieux ?
Les symptômes sont similaires à ceux de la colopathie fonctionnelle classique, mais dans un contexte post-infectieux : des ballonnements, des douleurs abdominales (spasmes, crampes), des troubles du transit, surtout diarrhée prédominante, parfois alternance.
Plus spécifiquement, on peut avoir les symptômes suivants : ventre qui gargouille après une gastro, diarrhée chronique après l’infection, douleurs abdominales après une gastro, crampes au ventre après une intoxication alimentaire, nausées qui durent après une intoxication alimentaire, ou encore transit perturbé depuis l’intoxication.
Quelles sont les causes de SII post-infectieux ?
L’épisode déclencheur est une infection ou une intoxication alimentaire.
Plus spécifiquement, on peut avoir les causes suivantes en lien avec l’événement déclencheur : intoxication alimentaire ou infection intestinale avec poisson / viande / fruits de mer / sushis, gastro après un repas au restaurant, diarrhée après une intoxication alimentaire.
Que faire si vous avez un syndrome d’intestin irritable post-infectieux ?
Le SII post-infectieux n’est pas exactement comme un SII classique.
On va avoir dans le SII post-infectieux davantage de dysbiose intestinale, c’est-à-dire de déséquilibre entre les familles de bactéries dans l’intestin, et le microbiote peut prendre plus de temps, et parfois beaucoup plus de temps, à retrouver un équilibre.
A noter que le SII post-infectieux a parfois tendance à s’améliorer avec le temps plus que les autres formes de SII, même si dans environ 40 % des cas, les symptômes persistent plusieurs années.
Pour aider à rééquilibrer le microbiote, en diététique, la meilleure solution est de faire un régime pauvre en FODMAP bien conduit, pendant minimum 6 semaines, et plusieurs mois si nécessaire, selon le cas.
Pour tout savoir sur ce régime, je vous invite à lire mon article : Régime pauvre en FODMAP pour le syndrome de l’intestin irritable.
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Pourquoi peut-on avoir des diarrhées persistantes ou chroniques avec un SII post-infectieux ?
Quand on a un SII post-infectieux, on peut avoir des diarrhées persistantes ou chroniques malgré la prise de médicaments ou le suivi d’un régime pauvre en FODMAP.
Le régime peut vous aider assez rapidement à réduire la plupart des symptômes de ballonnements, douleurs, reflux, fatigue.
Par contre, une diarrhée peut persister, même si l’intensité ou la fréquence sont moindres. En voici les principales raisons.
1) Après l’infection initiale, la muqueuse intestinale peut garder une infiltration lymphocytaire (surtout lymphocytes T) et une activation mastocytaire : la paroi de l’intestin garde ainsi de petites cellules de défense (globules blancs) en excès.
Ces cellules continuent à libérer des substances chimiques (un peu comme des “signaux d’alerte”) alors que l’infection est finie.
L’intestin devient alors plus perméable (on parle d’hyper-perméabilité intestinale) car il laisse passer plus d’eau et de molécules ; il sécrète plus de liquide, et il se contracte plus vite.
Tout cela accélère le transit, d’où les diarrhées persistantes, même quand les autres symptômes (ballonnements, douleurs) se sont calmés avec le régime.
Le régime pauvre en FODMAP réduit la fermentation (gaz, ballonnements), mais n’agit pas directement sur l’inflammation résiduelle. On peut donc avoir persistance d’une inflammation de bas grade.
2) Le SII post-infectieux est souvent lié à une hypermotricité colique : l’infection perturbe la régulation neuromusculaire du tube digestif.
En effet, après une infection digestive, l’intestin peut rester trop “nerveux”. Normalement, les muscles de l’intestin font avancer les aliments à un rythme régulier. Mais après l’infection, ce rythme peut se dérégler. L’intestin se contracte alors trop vite.
Résultat : la nourriture et l’eau n’ont pas le temps d’être bien absorbées, et cela donne des selles liquides et fréquentes.
Le transit reste alors trop rapide, indépendamment du contenu alimentaire. D’où des diarrhées persistantes même si les glucides FODMAP ne sont plus en cause.
3) Altération du microbiote intestinal : une infection peut modifier durablement le microbiote (dysbiose). Après l’infection, la flore intestinale peut donc rester déséquilibrée.
Certaines bactéries productrices d’acides biliaires secondaires ou de métabolites irritants (substances qui irritent l’intestin ou attirent de l’eau) persistent, d’où des diarrhées persistantes.
Le régime FODMAP aide à réduire les gaz et les ballonnements et à rétablir un équilibre, mais il ne restaure pas entièrement un microbiote très altéré. On peut alors chercher d’autres solutions.
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